-Vivian Maier, 1926 / 2009-

E

crire sur Vivian Maier, quelle prétention ! Je ne suis ni écrivain, ni journaliste, c’est sans aucune leçon à donner que je rédige cet article. Car je veux absolument parler de cette femme photographe, de son travail, de son histoire et surtout de son talent. Ce n’est pas si fréquent de vivre ce type d’aventure en « live ». Je ne me peux m’y résoudre : dans le monde de la photographie, c’est une page qui vient d’être écrite, post mortem, dans une pure tradition romantique.

Ce n’est pas un énième article sur Maier qui ne serait qu’une pâle copie de ce que Télérama, Réponses photos ou autres ont, avec talent, publié. C’est mon aventure avec le travail de cette femme, c’est un coup de foudre, une révélation artistique.

 

Cet article a été rédigé en juillet 2012, à cet instant seul une partie des photos de Vivian Maier est disponible, mon analyse se base sur ce qui est tangible me fourvoyant peut-être par là-même.

Vivian Maier Autoportrait

Vivian Maier Autoportrait
© Vivian Maier/John Maloof Collection

Biographie

Une enfance liée à la France

Vivan Maier est américaine, née le 1 février 1926 à Manhattan, d’un père autrichien (Charles Maier) et d’une mère française (Maria Jaussaud), née en 1897 à Saint Julien en Champsaur. Elle passe les premières années de sa vie à NY, mais la séparation de ses parents va changer le destin de Vivian. Sa mère et elle (âgée de 4 ans) se réfugient chez Jeanne Bertrand, une photographe professionnelle, qui est sans doute l’une des origines de la passion de Vivian pour la photo. Elles quittent toutes trois les USA pour la France, de retour vers leur terre d’origine.

Maier passe donc une petite partie de son enfance en France, notamment à Saint Julien en Champsaur, puis à Saint-Bonnet en Champsaur – Hautes Alpes (05). Sa mère et elle repartent finalement pour New York, à bord du Normandie, en 1938. Vivian devient alors nourrice et s’adonne autant que possible à sa passion : la photographie. Elle s’achète en 1956 un Rolleiflex c’est le début d’une avanture.

Vivian reviendra, au cours de sa vie, en France, où elle prendra des clichés de Saint Julien, de Marseille, Gap, Grenoble, Nice…

 

La découverte de son travail

Maier est une femme de caractère, féministe, célibataire, affirmée, son travail en parle pour elle. En 2007, elle rencontre le destin d’un homme à Chicago, elle ne le verra jamais. Cet homme est un ex agent immobilier, poussé à une reconversion forcée pour cause de crise mondiale, il s’appelle John Maloof et à 25 ans. Il est un quasi homophone de celui qui fut une des origines de la crise (dont Maloof est victime). Vous êtes prévenu, c’est une histoire à peine croyable ! Maloof achète aux enchères une série de négatifs photos pour 400 dollars afin d’illustrer un livre qu’il souhaite écrire. Ces négatifs sont ceux de Maier, illustre inconnue, ayant laissé dans la malle 30 000 négatifs et seulement quelques tirages. Mauvaise pioche pour John car il n’y a rien dans ces photos noir et blanc d’utile à son livre. Mais la qualité est là, bien présente. Maloof n’est pas photographe (et son travail « street photo » le prouve quelque peu), mais il n’est aveugle non plus : il sent très vite qu’il est devenu propriétaire d’une collection d’œuvres d’une Artiste majeure dans monde de la photographie.

Rapidement Maloof achète du matériel pour commencer à développer et numériser ses images. Il ouvre un blog où il poste les photos, au compte-goutte, et les informations qu’il collecte peu à peu sur Vivian Maier :

22 octobre 2009 : I have some information to share about Vivian Maier. I met with two of the people Vivian was a nanny for in the 1950’s and early 1960’s today. They gave me some information that contradicts what I heard from other sources (this source is accurate). But, all in all, she is still somewhat of a mystery, even to them.

Vivian came here from France in the early 1930’s and worked in a sweat shop in New York when she was about 11 or 12. She was not Jewish but a Catholic, or as they said, an anti-Catholic. She was a Socialist, a Feminist, a movie critic, and a tell-it-like-it-is type of person. She learned English by going to theaters, which she loved. She wore a men’s jacket, men’s shoes and a large hat most of the time. She was constantly taking pictures, which she didn’t show anyone.

I have many very interesting stories and peculiar facts about Vivian but, I’ll wait to share them in the book. If all goes well, I’ll share the specifics shortly.

 

Vivian Maier - pellicules

Vivian Maier – pellicules
© Vivian Maier/John Maloof Collection

Suite et fin

Finalement il finit par retrouver les enfants que Maier a gardés et enfin parvient à obtenir une adresse. Mais, comme nous sommes dans un vrai scenario dramatique, Maloof découvre sur Google que Maier vient de décéder dans une maison de retraite, pauvre et isolée, deux jours plus tôt !

Fin du dernier acte pour Maier, début de l’aventure pour le public et Maloof & Jeff Goldstein.

Depuis plusieurs expositions ont lieu à New York et Londres mais aussi dans le village français où elle vécu enfant (Saint-Julien en Champsaur). Le public découvre Maier une photographe de rue un peu à part.

 

Dans ces pages :

Mise à jour. Février 2013. Suite à des mails de l’Association Vivian Maier et le Champsaur, j’ai pu rectifier et compléter cet article. Merci à ceux qui ont pris le temps de m’écrire et qui oeuvrent pour la diffusion des travaux de Vivian Maier auprès du grand public.

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