Vivian Maier

Deux choses me frapent dans le travail de Vivian Maier : La grande solitude de cette femme, de ses photos et finalement de son destin et son très grand talent de graphiste.Une question initiale : comment et pourquoi une artiste de ce talent est-elle restée inconnue jusqu’à sa découverte ?

 

Seule à Chicago.

C

hicago n’est pas une « petite » ville en photographie puisque s’y trouve le Institute of Design, dont le département photo est renommé. Pourtant Maier n’y mets pas les pieds, elle se contente d’élever des enfants (rien de dévaluant dans cette phrase, mais on ne peut nier que l’intérêt artistique de ce métier soit pour le moins limité !). En regardant avec attention le travail de Maier je me pose alors la question de cette marginalité : pas d’exposition, pas d’appartenance à des clubs photos, pas de rencontres, pas de concours (du moins aucune trace de tout cela)…et à la fin de sa vie, plus de développement des pellicules non plus (en raison d’une grande pauvreté semble-t-il). Alors, Vivian Maier doute t-elle de son travail ? A-t-elle peur de la critique ? Je ne crois pas, elle fait de nombreux autoportraits, prouvant qu’elle n’a pas honte de son image ni de se trouver sur ses propres clichés. Est-elle donc prétentieuse, croit-t-elle tout savoir ? Je n’y crois pas non plus.

Une autre piste me semble plausible : C’est une indépendante, féministe, autoritaire et décidée. Elle fait ce qui lui plait, avec recul, sans se soucier le moins du monde de ce que les gens peuvent penser. De plus elle travaille beaucoup sur la pauvreté, l’exclusion, et ce n’est sans doute pas le public des galeries qu’elle vise dans son rolleiflex ! Il me semble que Maier aime la rue, elle veut la voir, la sentir, la toucher du regard et la comprendre…qu’irait-elle faire dans une galerie où son travail serait jugé par des yeux qu’elle ne photographie jamais ?

Chez Vivian Maier

Chez Vivian Maier
© Vivian Maier/John Maloof Collection

Notez cet article