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Comment développer ses pellicules photo – La chimie [Partie 2] 5/5 (3)

By Posté dans - Développement pellicules & Photo le juillet 5th, 2013 7 Commentaires développer pellicules photo

Comment développer ses pellicules photo N&B – La chimie

Dans cette seconde partie consacrée au développement de pellicules argentiques N&B, nous allons aborder la chimie. Ne partez pas, rien de très méchant, c’est plutôt simple. Dans la première partie nous avons parlé du matériel qui peut être disponible facilement sans, nécessairement, pousser la porte d’un laboratoire photo et économiser par la même occasion quelques précieux euros. Les choses sont quelques peu différents quand on parle de la chimie dédiée au développement de pellicules. Rassurez-vous ce ne sera ni compliqué ni extrêmement onéreux, il y même, là aussi, des astuces très bon marché !


 

Avant de commencer il convient de parler un peu de la dilution des produits. Que ce soit le révélateur, bain d’arrêt ou fixateur, il faut dans presque tous les cas diluer les produits. Voilà la nomenclature que vous retrouverez toujours sur les emballages des produits ou sur le site du fabriquant :

Solution STOCK (valable exclusivement, ou presque, pour le révélateur) : on ne dilue pas le produit. Après usage, on le remet dans la bouteille pour une future réutilisation. Etant donné que le produit a déjà été utilisé et qu’il est mélangé avec du produit « neuf », on augmente la durée d’exposition pour ne pas perdre en efficacité. Au bout d’un certain nombre d’utilisation, on jette*.
Travail à bain perdu : on l’a compris, on jette* les produits après chaque utilisation.
NB : dans ces deux cas les résultats du développement vont différer : certains préfèrent la solution STOCK ou à bain perdu en fonction de l’effet souhaité, notamment pour le grain
Dilution 1+1 : très simple à comprendre, on dilue une dose de produit pour une dose d’eau (300ml de révélateur + 300ml d’eau = 600 ml de solution)
Dilution 1+2 : vous l’aurez compris : 1 dose de produit pour 2 doses d’eau (200ml de révélateur + 400ml d’eau = 600 ml de solution). ETC
Certaines dilutions sont importantes (agent mouillant) 1+400 (1 ml de produit pour 400 ml d’eau)….

Ce point est primordial, surtout pour le révélateur. De la température va très souvent dépendre du temps de bain de révélateur pour la pellicule. Il est indispensable de donc s’équiper d’un thermomètre et e veiller à être au °C près, ce qui n’est pas toujours simple. En moyenne on se situe aux alentours de 20 – 21 °C. C’est donc parfois plus simple de diluer à 1+1 car on peut ainsi « jongler » avec l’eau ajoutée pour arriver à la température souhaitée.

 

Comment développer ses pellicules photo

C’est parti !

1 - Le mouillage

Cette phase n’est pas nécessaire mais recommandée. Elle consiste à faire détremper la pellicule. Dans le cas de formats 6×6 la couleur de l’eau devient bleue.

Produit que j’utilise: Eau claire tout simple si possible aux alentours de la température des bains suivants (pour ma part 20°C)

eau

2 - Le révélateur

C’est LE produit. Il existe des révélateurs en poudre à diluer ou sous conditionnement liquide. C’est un produit au PH élevé qui va révéler la pellicule. Le temps de « trempage » est primordial et doit être fait à la seconde près. Autre point important à connaître pour le révélateur : il se conserve très mal. Quelques semaines ou quelques mois pour les plus robustes. Il doit être conservé à l’abri de la lumière et SANS AIR dans la bouteille. C’est pour cette raison qu’il existe des bouteilles accordéon qui limitent l’oxydation de cet agent. A SAVOIR : si votre révélateur prend une couleur jaune paille, il y a de TRÈS fortes chances qu’il soit à jeter* (voir plus bas). Pour ma part je travaille avec un révélateur de marque Kodak qui s’appelle le XTOL. Outre le fait qu’il est conditionné en poudre (on est donc pas obligé de préparer toute la mixture d’un coup), il a le mérite de pouvoir être stocké pendant une période assez longue : jusqu’à 6 mois à l’abri de l’air, de la lumière et à température constante. Pour l’utilisation il faut diluer le contenu (ou une partie) du sachet A dans de l’eau assez chaude (3O°C). L’eau prend une teinte violacée. On ajoute ensuite la poudre du sachet B en même quantité et on mélange. c’est prêt. Solution pour 5 litres. Dernier avantage, il est loin d’être le plus polluant des révélateurs (voir plus bas).

Produit que j’utilise : Kodak XTOL

Kodak XTOL - développement de pellicules photos argentiques

3 - Le bain d'arrêt

Ce produit est destiné à inverser la réaction chimique du révélateur pour stopper le développement de la pellicule au moyen d’un agent acide (PH bas). Il existe des produits spécifiques dans le commerce, mais, pour ma part, j’utilise du vinaigre blanc que l’on trouve au rayon entretien des magasins. C’est imbattable au niveau du tarif. Attention, il ne faut pas l’utiliser pur, mais le diluer. Avec du vinaigre à 8%, je le dilue à 1+4 minimum.

Produit que j’utilise : Vinaigre blanc dilué à 2%.

Vinaigre-d-alcool-ou-de-vin-blanc_mode_une

4 - Le fixateur

Après avoir stoppé la réaction il faut fixer les particules de bromure d’argent pour que la pellicule ne « vire » pas dans le temps. On utilise pour cela des sels de fixation. Là encore il existe plusieurs conditionnements : en poudre à diluer ou sous forme liquide. Pour ma part je préfère la poudre car elle est fractionnable (précisément avec une balance) et  donc reste économique. Le Tetenal que j’utilise est conditionné généralement en 2 sachets de 500g, il permet de préparer 10 litres de produit ! Pour information, ce produit peut-être aussi bien utilisé avec les pellicules qu’avec le papier.

Tetenal Vario Fix 2x5L.

Tetenal Vario Fix

5 - L'agent mouillant

C’est un produit qui n’est pas obligatoire…mais ce serait une grosse erreur de s’en priver. En effet, après le rinçage ce produit est le dernier bain de la pellicule. Il a pour mission de limiter les traces au séchage et d’accélérer ce dernier. Habitant dans une zone ou l’eau est assez calcaire (Rhône) je préconise TRÈS vivement l’usage de ce produit. Le Tetenal que j’utilise se dilue à 1+400 ! Autant dire que j’en mets 1ml par séance de travail. Vu le conditionnement c’est très économique. Certaines personnes utilisent du liquide vaisselle en très petite quantité (le principe et le résultat sont quasi similaires). Je préfère cependant la version « pro ». Attention, après avoir trempé votre pellicule dans ce bain, il ne faudra pas la rincer à nouveau.

Tetenal Mirasol 2000 en 250ml.

tetenal mirasol 2000

*Jeter les produits chimiques.

produit chimiques photoAttention, les produits chimiques ne doivent en aucun cas être déversés après usage dans l’évier ou la cuvette des WC. Ces produits ne doivent pas se retrouver dans les eaux usées. Les produits les plus polluants sont (généralement) : Le révélateur, le bain d’arrêt si ce n’est pas du vinaigre, le fixateur… Il convient de stocker les produits dans des récipients qui seront déposés à la déchetterie.

 


Où faire ses courses ?

  • Dans les boutiques en ligne spécialisées pour le reste (cuve, thermomètre et bien entendu la Chimie), par exemple : Caddyphoto, Digit photo, MX2, etc.
  • Dans certains magasins photo, mais ces derniers ont rarement du stock, la solution Internet restant souvent la seule alternative.

 


Tuto : Développement de pellicules argentiques

Partie 1 : Intro & matériel

Partie 2 : La chimie

Partie 3 : Chargement pellicule photo sur une spire de cuve

Partie 4 : Développement

Partie 5 : Et après ?

Bonus : Une application très pratique pour le développement de pellicules.

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Rédacteur du blog. Diplômé en infographie multimédia et infographie 3D à l'école Emile Cohl, passionné par les nouveaux médias, le jeu-vidéo et la photo. Pilotage d'ULM multiaxe. Elite Dangerous : Passionné du jeu Elite: Dangerous depuis la Beta. Contributions : Fan Site Galnet.fr | Chaîne Youtube | Flux Twitter dédié | Page Facebook | Communauté francophone | Groupe steam | Mur Pinterest | Sites pro : Ecole Emile Cohl | identipack.fr

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